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Le Mal-Être des managers

Dans l’exercice quotidien de mon métier de coach, métier que j’exerce depuis 30 ans, j’observe un mal-être grandissant chez les managers, et ce quelle que soit la nature des organisations professionnelles, qu’elles soient privées ou publiques. Pour « tirer la sonnette d’alarme », je partage avec vous quelques constats inquiétants.




Les conditions et les relations de travail se durcissent


Les conditions de travail se durcissent de plus en plus, et ce tout particulièrement depuis le début du XXIème siècle, époque qui coïncide étrangement avec la mise en place des 35 heures et la réduction du temps de travail hebdomadaire de près de 10%.


Ce durcissement ne fait que s’amplifier avec une pression de plus en plus forte des exigences de performance dans des environnements de travail de plus en plus contraints où il s’agit de faire plus et mieux avec moins.


La qualité de vie au travail s’affiche plus comme une intention que comme une réelle volonté.


Les échanges dominants s’effectuent en grande partie de façon virtuelle

  • Les mails et leur traitement occupent une place très importante dans le temps de travail des managers,

  • Les réunions en distanciel qui se succèdent à longueur de journée, sans temps de déconnexion entre elles, déshumanisent les relations de travail et robotisent les tâches avec un sentiment accru de perte de sens,

  • Le télétravail, bien que source de confort de vie par des durées de trajet domicile-travail réduites, contribuent à renforcer la suppression progressive des contacts informels et des temps de rituel collectif si nécessaires à la consolidation des liens interpersonnels et à la cohésion des groupes sociaux,

  • Les managers disposent de moins en moins de temps pour écouter et dialoguer avec leurs collaborateurs, pour se parler entre eux, échanger sur leurs pratiques professionnelles, analyser des problématiques managériales récurrentes et trouver ensemble des réponses.


« Les managers courent après le temps. »


L’art des injonctions paradoxales

  • Plus la responsabilisation, l’autonomie et l’empowerment sont plébiscités par les nouvelles théories de management, plus on observe le déploiement de processus et de procédures de contrôle qui régissent les actes professionnels,

  • Il est attendu des managers qu’ils consacrent plus de temps et de qualité de temps au dialogue et à l’écoute de leurs collaborateurs, tout en disposant de moins en moins de temps pour le mettre en pratique à cause de journées complètes passées en réunion,

  • Il est également attendu des managers qu’ils créent les conditions d’une concertation plus active auprès de leurs collaborateurs, alors que, parallèlement, ils reçoivent de plus en plus de directives et se voient imposés des délais de plus en plus courts de leur Direction.


« La culture de la méfiance sévit toujours. »



La santé et la motivation des managers se dégradent

  • Les managers se plaignent de disposer de moins en moins de marge de manœuvre pour exercer leurs responsabilités, de subir régulièrement des injonctions paradoxales de leur Direction, d’éprouver le sentiment « d’être entre le marteau et l’enclume », d’être une « variable d’ajustement » pour rendre possible la mise en œuvre des directives et des transformations voulues par la Direction tout en devant gérer la résistance, voire l’opposition, des collaborateurs sur le terrain,

  • Certains managers reconnaissent se laisser emporter par des comportements agressifs dans des situations de stress élévé,

  • De plus en plus de managers se détournent ou souhaitent se détourner de la fonction managériale, voire de l’entreprise, pour accéder à un minimum de confort de vie et pour ne plus s’épuiser au travail,

  • De très nombreux managers avouent vivre un déséquilibre profond entre leur vie professionnelle et leur vie privée, cette dernière étant trop souvent perçue comme étant sacrifiée,

  • Les statistiques le démontrent, nous constatons une forte augmentation des arrêts de travail dans la population des managers depuis quelques années : épuisement professionnel, dépression, maladies psychosomatiques.


Que faire face à ce constat alarmant ?

Notre première responsabilité, en tant que citoyen, est d’informer et de sensibiliser un maximum de personnes d’une forme de dégénérescence du monde du travail où la course à la performance dans tous ses excès conduit au mal-être, au désamour du travail, voir à la maladie.


Notre deuxième responsabilité, en tant que professionnel de l’accompagnement des personnes et des collectifs dans les organisations professionnelles, est d’être particulièrement vigilant à ces phénomènes, d’alerter nos clients (bénéficiaires et donneurs d’ordre) des conséquences dramatiques inhérentes à ces situations de maltraitance inconsciente, et d’œuvrer avec eux à recréer des conditions du bien-vivre ensemble au travail.


Enfin, notre troisième responsabilité, en tant qu’être humain est de prendre conscience que la vie nous est donnée pour bien la traiter, bien nous traiter personnellement et mutuellement. Rien ne devrait s’y opposer.


Qu’en pensez-vous ? N'hésitez pas à partager cet article sur vos réseaux sociaux préférés ou à laisser un commentaire pour échanger sur le sujet !



 

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