• Jacques Benyounes

Le Coaching Initiatique - Partie 3

Pour cette troisième partie de l’article consacré au Coaching Initiatique, je développe le quatrième principe-clé ouvrant les « portes » de l’accession à cette posture singulière, nommée posture initiatique. Ce quatrième principe est intitulé principe de recherche de l’harmonie des contraires.



Le coaching initiatique : les principes-clés de cette démarche singulière d’accompagnement (suite et fin)


Le principe de recherche de l’harmonie des contraires : de quoi parlons-nous ?


La conscience du monde dans lequel nous vivons nous amène la plupart du temps à le concevoir, notre monde, sous la forme d’une série d’oppositions auxquelles nous sommes tellement habitués que nous ne pouvons voir les choses autrement que sous le prisme du choix, par conséquent du renoncement de la partie que nous ne choisissons pas.


Pour exemples : la rationalité que nous opposons à l’irrationalité, la force que nous opposons à la vulnérabilité, la raison que nous opposons au sentiment, l’action que nous opposons à la réflexion, le mouvement que nous opposons au repos, la recherche de performance que nous opposons au désir de bien-être, la fermeté que nous opposons à l’amour, etc.


Pourtant, en y regardant bien, l’expérience de la vie le démontrant, l’un ne va pas sans l’autre, l’un ne peut pas exister sans l’autre, au risque d’assécher toute forme de vie en conduisant à des rapports de force.


C’est ce à quoi nous invite ce quatrième principe !


Un des enjeux fondamentaux de la démarche initiatique est de « sortir du sentiment de toute-puissance » pour aller vers la « conscience de sa puissance d’être et d’agir » : sortir du rapport de force pour trouver l’harmonie, rapprocher les contraires, c’est-à-dire rechercher l’harmonie des contraires plutôt que de les opposer.


Ce processus passe par un travail sur les 4 champs suivants : le Dedans/Dehors, le Haut/Bas, le Masculin/Féminin, et le Rêve/Réalité. Ce sont autant de « portes » que l’individu engagé dans un processus de développement initiatique doit ouvrir et quatre « chemins » vers lesquels s’engager pour « se réparer ».

Les 4 champs du processus de recherche de l’harmonie des contraires :


Le champ du Dedans-Dehors


A travers mon Dedans (mon intériorité, « l’anima »), je travaille mon Dehors (ce que je donne à voir, « la persona ») : si en travaillant mon intériorité je modifie la nature du regard que je me porte et que je porte sur le monde et les autres, alors je vais nécessairement modifier ma relation au monde et ma relation aux autres, et je vais ainsi pouvoir agir sur la transformation de mon environnement. Et le Dehors (ce qui advient de l’extérieur) me permet de travailler mon Dedans : ce qui m’arrive n’est pas le fruit d’un pur hasard, ce qui m’arrive est là pour me permettre d’ouvrir mon champ de conscience, et en dépassant les épreuves rencontrées, de franchir les « portes de la connaissance intérieure », de « m’ouvrir ». Car le Dehors est une résonance du Dedans.


Il y a une co-responsabilité dans la co-évolution, car en bougeant dans mon Dedans, je vais faire bouger le Dehors, ma relation à l’Autre et ainsi l’Autre ; de même le Dehors de l’Autre vient me faire travailler mon Dedans, vient me bousculer dans mon intériorité.


Le coaching initiatique permet un travail tout en profondeur qui part du principe que pour être véritablement efficace et congruent, il faut d’abord travailler sur son univers intérieur. Partir du dedans en allant le plus loin possible dans son histoire. Le principe est que, si le dedans est bien posé, alors le dehors se placera de lui-même, le problème sera résolu sans avoir à faire de faux efforts, selon les règles de synchronicité (voir plus haut).

Le champ du Haut et Bas


C’est ce mouvement qui permet de rapprocher la vision et la redescendre jusque dans la matière en lien avec nos valeurs et notre éthique. C’est l’articulation entre l’esprit, le cœur et le corps (nous pourrions rajouter la 4ème dimension qu’est l’âme), c’est être relié à soi pour être en synchronisation avec les Lois naturelles universelles (les psychologues et psychanalystes parlent de congruence). C’est cet alignement entre l’esprit, le cœur et le corps qui nous permet de « grandir », de « nous redresser », d’accéder à « la paix intérieure » par l’équilibre et l’harmonie retrouvés.


Le coaching initiatique met l’accent sur ce travail d’articulation et d’harmonisation entre l’esprit, le cœur et le corps : agir en cohérence avec ses propres valeurs et convictions, avec ses désirs les plus chers, en incarnant dans ses comportements et ses propos ses valeurs et convictions.

Le champ du Masculin-Féminin


C’est le rapprochement qui se fait 2 à 2, en soi et en l’autre, dans une danse à 4. Tout l’extérieur est le miroir de la danse du féminin et du masculin, du recevoir et du donner qui se fait à l’intérieur de soi. C’est le Yin-Yang qui va s’incarner. Il s’agit de retrouver une complémentarité entre ses 2 polarités « masculin et féminin » : telle est notre quête. La dialectique du masculin et du féminin est centrale dans le processus initiatique : il ne s’agit pas seulement d’homme et de femme, mais de la composante de toute la structure de l’univers, de tout être vivant. Pour la Kabbale, une des traditions initiatiques les plus anciennes, le monde est entièrement masculin et féminin, l’homme est masculin et féminin, de même la femme. Ce sont deux modalités de l’être en général, et le « vivant » repose sur cette dualité intime.


Le masculin est ce qui « donne ». Le féminin est ce qui « accueille », en hébreu. Le masculin se manifeste quand il y a épanchement de l’influx : l’offrande de lumière. Le féminin se manifeste quand il y a « résidence » de la lumière : on parle alors de chekhina.


Ainsi un homme qui reçoit et accueille est dans son « féminin » ; une femme qui offre, qui est dans la dimension de la source de lumière et du don, est dans son masculin.


Le rapprochement Masculin-Féminin et l’harmonisation de ces deux facettes permettent d’éviter les rapports de force, les rapports dominant-dominé, les abus de pouvoir, l’hyper-contrôle, les accès de colère ou de révolte (l’expression du principe masculin négatif), mais aussi les regrets, la passivité, la procrastination, la plainte (l’expression du principe féminin négatif).


Ils agissent au contraire sur l’équilibre entre le donner et le recevoir, entre l’action et la pédagogie, entre l’assertivité et l’ouverture à l’autre, entre l’audace et le discernement, entre la raison et la sagesse, entre la justice et la tempérance, etc.

Le champ du Rêve et Réalité


La création de richesse tient dans la capacité à passer du rêve à la réalité, du champ du possible au champ du réel. Le rêve d’Icare, la transgression des limites, en est le symbole.


Nous sommes sur une ligne de crête entre l’esprit, dont la caractéristique est de pouvoir tout imaginer, et le corps qui lui s’inscrit dans le temps et le limité.

A l’intérieur de nous, il y a une discussion permanente entre « tout est possible » et « tu ne peux pas faire n’importe quoi ».


Un bon dirigeant d’entreprise est celui qui va reculer les limites du possible, du réalisable. Il va rendre possible quelque chose qui, a priori, ne l’était pas. Toutes les grandes aventures entrepreneuriales se sont construites sur ce désir subtil de rendre possible quelque chose d’apparemment irréalisable.


L’entrepreneur crée une vision en se projetant dans le ciel, en balayant le champ du possible. Il capte quelque chose qui va permettre au cerveau droit créatif et au cerveau gauche rationnel de s’y retrouver, de se rencontrer. A ce moment-là, le rêve devient intuition, puis vision. Il va ensuite communiquer cette vision par la puissance du Verbe.

En coaching initiatique, il y a un vrai travail à faire sur cette articulation très subtile entre l’esprit et le corps.

Comment se joue en nous la danse entre rêve et réalité ? S’il y a de la fluidité pour passer de l’un à l’autre avec un ajustement permanent, nous pouvons alors entrer dans le cycle de la prospérité. S’il y a rupture, étanchéité, combat entre l’un et l’autre, il y a rupture de prospérité.


Sur ce point, le coach travaille sur le « dedans » de la personne, sur l’articulation entre esprit et corps, et l’invite à regarder comment elle se sert de son cœur pour relier les deux.


Le cœur est le point de jonction qui rassemble et permet l’unité des contraires : passerelle entre le haut et le bas, mais aussi entre le dedans et le dehors, entre la droite et la gauche. Une bonne communication se fait quand les idées sont exprimées avec cœur. Un bon entrepreneur est celui dont la parole touche le cœur de l’autre pour lui donner envie de transformer le rêve en réalité. L’autre, c’est : son équipe, ses clients, et finalement tous les gens à qui il doit donner envie d’aller au-delà du possible.



Ainsi s’achève cet article qui, j’espère, aura éveiller en vous la curiosité et susciter le désir d’aller plus loin sur ce chemin. Je suis preneur de vos impressions et commentaires. Alors, n’hésitez pas à réagir !


Pour information, j’ai ouvert, à Toulouse, un premier groupe de supervision qui s’adresse aux coachs professionnels curieux de s’engager sur ce chemin singulier et souhaitant s’inspirer de cette « méthode » pour accompagner leurs propres clients. D’autres groupes devraient voir le jour dans les prochains mois.

Jacques BENYOUNES



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